• Niamey, Niger
  • 18 April 2021
Nassirou Mato
1 Commentaires

Pour notre entretien d’aujourd’hui nous recevons un  jeune écrivain, jeune auteur engagé de nationalité nigérienne, Nassirou Mato publie son premier ouvrage en 2012, « Les coulisses du mal », à l’âge de 18 ans. Ressortissant du Prytanée militaire de Niamey, il est titulaire d’un master en Droit Public. Homme de Lettres prolifique, il est entre autres l’auteur des romans « Tempêtes du Sahel » et « Humanisme à rebours et justice divine ».

 

1) Bonjour M. Nassirou Mato pourriez-vous nous raconter comment vous avez commencé à écrire ? Quel était votre premier déclic? 

Réponse : Selon la coutume tout début est difficile. Paradoxalement, mes débuts en écriture font exception. J’étais envoûté par la littérature depuis le collège, à l’époque où je griffonnais déjà quelques gribouillis. Et banalement, moult suggestions de publication me furent adressées. Vous le savez, on a aussi coutume de dire que l’on ne refuse qu’un coup de fouillet. Je me suis dit alors pourquoi pas. C’est dans cette lancée que mon premier manuscrit, Les Coulisses du Mal, sera publié en juillet 2012 par les Editions Baudelaire, le premier éditeur à me répondre avec un contrat alléchant. On ne refuse qu’un coup de fouet.

 

2) Que lisiez-vous quand vous étiez enfant et adolescent ? (Journaux, Coran, littérature, littérature jeunesse, bandes dessinées, etc.) Quels sont les auteurs que vous aimiez ? Et maintenant (évolution possible des goûts) ?

Réponse : En ma qualité de musulman, la lecture du coran s’impose comme un précepte, un devoir pour moi. Par ailleurs, pendant ma courte enfance, je lisais pratiquement tout sur mon passage. Je fouinais même dans les poubelles. Cette lamentable attitude fit en sorte que je fusse la risée de certains camarades qui me prenait carrément pour un fou à lier, mais en haoussa on dit que: “Sanin Hanya Yafi Sapko”, celui qui connait le chemin n’a pas besoin d’être matinal. Entre classiques et contemporains, mes auteurs préférés demeurent les mêmes : Hampâté Ba, Rousseau, Fatou Diome, Shakespeare, Molière, Corneille, Hugo, Stendhale, Zola, Sartre, Ousmane Sembène… etc, la liste est longue. Vous le sous-entendez vous-même, la nature progresse naturellement. Nos goûts, aussi multiples, ambigus et spécifiques soeint-ils, n’en font point exception, la nature humaine est en perpétuelle évolution, les choses en sempiternelle mutation.

 

3) Combien de temps s’est-il écoulé entre le moment où vous avez eu un manuscrit prêt et le moment où vous avez décidé de faire des démarches pour le publier ? Est-ce que quand vous l’écrivez, vous aviez déjà en tête l’idée de le publier ? Qu’est-ce qui vous a poussé à publier ? Est-ce que vous trouvez que c’est une étape importante ? Nécessaire ? Ou pas ?

Réponse : Mon premier tapuscrit, Les Coulisses du Mal, fut publié un an après son écriture, car comme je vous le disais, l’idée de publier ne me vint que tardivement, la confusion du monde éditorial étant devenu une industrie de marketing intercontinental. Ecrire est une bonne chose. A l’instar de nos héros anonymes, il y a moult auteurs anonymes qui ont fait don de leurs bonnes œuvres à l’humanité entière. L’espèce humaine ne saurait estimer aussi les moult ouvrages publiés à titre posthume. Néanmoins, je reconnais que la publication aussi est une étape fondamentale, voire indispensable pour les auteurs désireux de laisser une trace et des repères au profit des générations ultérieures. 

 

4) Quand avez-vous publié votre premier livre (faire préciser le contexte, académique ou professionnel) ? Quel était le mode d’édition (éditeur et lequel, ou autoédition) ? Vous rappelez-vous votre sentiment lorsque votre premier livre a été publié ?

 

Réponse : J’ai eu la chance de publier Les Coulisses du Mal dans le courant de juillet 2012, alors que j’étais en classe de Terminale. Même après cette étape fondamentale, je n’envisageais pas de faire de l’écriture un métier au Niger, ce qui relèverait de la psychiatrie et du suicide car les hommes qui ont des balles combattent souvent les hommes qui ont des idées. Ce premier ouvrage fut publié à compte d’auteur. Le sentiment d’un jeune auteur qui publie pour la première fois avec un ISBN (International System Book Number) est indescriptible. C’est un peu comme la femme qui met au monde son premier enfant.

 

5) Votre premier roman intitulé « Tempêtes du Sahel », Qu’ avez voulu exprimer à travers cette plume ? 

Réponse : Mon premier roman c’est Humanisme à rebours et Justice Divine. Tempêtes du Sahel  est plutôt mon deuxième roman. Dans cet ouvrage j’ai véhiculé un message à notre jeune génération qui part en vrille du fait des conditions socio-économiques lamentables et du statu quo que le politique s’investit à maintenir pour lécher la marmite pleine, un fait notoire, donc connu comme un secret de Polichinelle. Le conflit de génération que nous traversons actuellement n’est qu’une preuve irréfutable de trop. La portée spécifique du message en question est le bannissement de la recherche de la facilité.

 

6) Vous venez d’effectuer le vernissage de votre dernier roman ? Quels sont les sentiments qui vous animent ? 

Réponse : Je n’ai pas encore effectué le vernissage de mon dernier ouvrage, à savoir Le Sang de La République. Ce contretemps est dû au décès tragique de ma mère survenu le 17 octobre 2020. Que son âme repose en paix. Amen

 

7) Dans ce dernier roman intitulé « Le Sang De La République » vous avez fait une genèse politique de la République du Niger qui porte sur une critique sur la gestion politique du Niger contemporain.. Quel regard faites-vous sur la situation sociopolitique actuelle du Niger à cette veille des élections qui doivent aboutir à la première alternance politique au Niger ?

Réponse : Le Sang de la République est un essai de caractère géopolitique. Cependant, cet ouvrage se situe à des millions d’années lumière de la politique politicienne de ce pays miné par l’ingratitude, la supercherie, le narcissisme, l’attitude sournoise, celle de la marmite débordante face aux hôtes repus mais insatiables. Les dés sont jetés et le sort en est jeté car aujourd’hui, tous les nigériens au bercail et ceux de la diaspora sont au tournant décisif de leur histoire. Les enjeux sont plus grands que les défis. Franchement, chacun a du pain sur planche. Parce que les gens ne croient que ce qu’ils voient ; et de nos jours, tout ce qu’ils voient, c’est la couleur de l’argent.

   Comme vous l’avez dit, cette première alternance politique nous en dira plus long. En haoussa on a coutume de dire que « In zaka ramé kayi gajéré », ne tend jamais un piège fatal à ton ennemi car il se pourrait que tu en fusses la victime, ironie du sort. On a fait du tintamarre autour du fameux Tazartché, on attend alors pour voir s’il y aura Walquiya  ou quelque chose d’autre de plus pompeux et de ridicule comme le dénominatif de certains ministères au Niger. L’ambition est bonne si elle respecte le préalable : la légitimité. Nous ne faisons qu’un constat amer, et cette amertume nous rappelle que personne ne peut faire le travail de Dieu : changer la nature humaine. 

Effectivement, il s’agit d’une genèse politique axée sur la critique de la gestion du Niger de la période précoloniale à nos jours. Si rien n’est fait, à l’image de certaines sociétés africaines, la société nigérienne partira en vrille du fait de la mauvaise foi du politique. En ce qui nous concerne, jeunes auteurs de ce pays gangrené par tous les vices notoires, nous ne faisons que notre devoir : Tirer la Sonnette d’Alarme ! Nous nous battrons jusqu’à notre dernier souffle. Quand tous les vestiges héroïques deviendront historiques, la Nouvelle Génération continuera le combat s’il plaît à Dieu. 

En ce sens, il n’en demeure pas moins que le changement de la mauvaise mentalité populaire est notre défi phare. A cela s’ajoute le changement du statu quo démagogique que j’ai évoqué tantôt. C’est un joug accablant qui sert aux politiciens de fief et d’assises pour se cramponner au pouvoir, quitte à écraser la populace qui les a investis. Ce statu quo est le maintien du système de bétail électoral. A présent, les nigériens ont le choix, peut-être l’ultime choix, entre la vérité et l’hypocrisie.

 

8) Pensez vous qu’il y a un vrai débat démocratique au Niger ?  ou bien ce sont que des «  vendeurs d’illusions » 

 Réponse : Au Niger la politique est devenu un fonds de commerce. En dépit de la rapacité de la plupart des politiciens, leur intelligence coriace, leurs efforts inlassables déployés dans le détournement des deniers publics, l’art de la diversion, les manoeuvres dilatoires et moult actes entrepris pour troubler ce pays à des fins mesquines, ce terroir qui est notre, le Niger,  demeure un havre de paix. Aujourd’hui, la gestion des deniers publics est devenue du burlesque qui avoisine beaucoup la tragi-comédie au théâtre. La marque de fabrique de la politique nigérienne est le népotisme sélectif sanctionné par le parjure et le vandalisme. L’achat des consciences, les commissions, les pots de vin et tous les vices connexes de la corruption sont des modèles qui assurent la continuité du machiavélisme dénaturé selon lequel la fin justifie les moyens. Mais alors, si la fin justifie les moyens c’est que la faim stimule l’hostilité.

Hormis Dieu, quand on ne sait plus qui croire, le mieux serait de ne croire personne. On vit mieux quand on attend rien de personne et craindre un homme c’est offenser Dieu. L’être humain étant ce qu’il est, le monde étant devenu ce qu’il est devenu, la politique aussi, et contrairement à ce que d’aucuns pensent, la démocratie n’est pas un concept fait uniquement pour des gens repus. L’issue du sort des Quoraichistes le prouve il y a plus de 1400 ans, où grâce à l’ingéniosité de notre bien aimé le Prophète Mahomet (Paix et Salut de Dieu sur lui), cette tribu jadis divisée par des dissensions internes a réussi à trouver un consensus qui a sauvegardé son unité. La démocratie est sujette à de mauvaises interprétations surtout quand on confond les hommes et les évènements et que l’arrogance des uns et des autres fait en sorte que les gens refusent d’admettre leur humble condition, ils délaissent le mil et le sorgho pour aller chercher du chawarma. Ce qui nous pousse le plus souvent ce n’est pas la faim mais la gourmandise et la cupidité. La vérité c’est que l’effort que nous déployons pour obtenir ce qui nous est garanti et notre négligence à nous acquitter de ce qui nous est demandé témoignent de l’obscurantisme de notre clairvoyance.

De nos jours, la dépendance est la pire des soumissions, la pire forme de l’esclavage. La maîtrise de l’art démagogique nous ramène encore au temps de la Grèce Antique avec une légère progression des Sophistes et du matérialisme dialectique. Notre frère Kourouma a raison en disant que : « La politique n’a ni yeux, ni oreilles, ni cœur. En politique, le vrai et le mensonge portent le même pagne, le juste et l’injuste marchent de pair, la vérité et le mensonge s’achètent et se vendent au même prix. »

Donc, nous ne sommes pas venus au monde pour chercher de la lumière dans les ténèbres, pour perdre notre temps avec des gens qui sont là pour amuser la galerie. Tout ce tintamarre qu’ils font n’est que du vacarme, des futilités et de la poudre aux yeux. L’art de la diversion, conjugué au baroque, encourage le burlesque pendant les choses graves. Comment peut-on appeler ceux qui versent le sang de leurs frères pour avoir ou conserver le pouvoir ?

 

9) Au Niger comme un peu partout ailleurs en Afrique nous avons des jeunes démocraties qui souffrent d’un certain nombre de mots ayant un impact direct sur le climat socio-politique de nos Etats.  Selon vous quelles sont les solutions ou alternatives pour l’instauration d’une démocratie effective et efficace ?

Réponse : Merci de me poser cette question. En effet, dans Le Sang de la République j’ai consacré le dernier chapitre spécifiquement aux perspectives durables susceptibles d’aider notre pays qui n’a que trop souffert. L’option centrale de ces perspectives est l’amélioration du système législatif nigérien. Notre parlement est monocaméral (article 84), un atout différemment d’un centaurisme législatif très propice à l’occidentalisme. En assurant l’équilibre des pouvoirs face à l’Exécutif et le Judicaire, le Législatif doit impliquer davantage l’interventionnisme de la masse populaire, des couches sociales les plus vulnérables (agriculteurs et éleveurs) parce que la pratique l’a démontré, l’Exécutif nigérien est caractérisé non seulement par l’abus de pouvoir, mais aussi par le détournement de pouvoir et les vices de procédure. Très souvent, on a l’impression que notre Assemblée Nationale est à la solde du gouvernement. C’est le monde à l’envers, la dialectique du maître et de l’esclave. L’article 109 de notre Constitution consacre l’initiative concurrente des lois du législatif et de l’exécutif. Par ailleurs, c’est important de le rappeler, chaque député est le représentant de la Nation entière, et les députés sont les représentants directs du Peuple (article 87) car l’Assemblée Nationale propose les lois alors que le gouvernement ne peut que faire des projets de loi. 

Vous savez, le Niger a expérimenté pratiquement toutes les formes du pouvoir politique. La cohabitation reste le pire des systèmes législatifs que le Niger ait connu ; elle s’est soldé par une paralysie institutionnelle entre 1993 et 1995, un coup d’Etat militaire en 1996 qui a conduit à autre coup d’Etat militaire et un bain de sang en 1999. Par ailleurs, l’expertise des politologues a démontré l’efficacité du modèle politique bolivarien du Venezuela. Nous devons nous inspiré de ce modèle d’un pays modeste qui n’a que trop réussi au plan sociopolitique en dépit de la diversion de certains médias internationaux. Depuis les sanglantes années 90, notre démocratie est titubante, chancelante. Si cette première alternance politique n’est pas respecté, le Niger chavirera à jamais. Ainsi, nous suggérons humblement :

  • L’abolition de la petite bourgeoisie semi-alphabétisée aux postes centraux de la responsabilité administrative, excepté l’Assemblée et les conseils communaux et régionaux.
  • Le vote et la mise en vigueur du référendum révocatoire qui permet au Peuple souverain de destituer n’importe quel gouvernant, fonctionnaire ou administrateur public, Y COMPRIS LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE pendant l’exercice de son mandat.
  • Le développement du secteur public, parapublic et privé d’une part, et l’entreprenariat des jeunes d’autre part.
  • La neutralité et non la neutralisation du pouvoir judiciaire.
  • La neutralisation du culte de personnalité qui est le socle et le fief du clanisme, du népotisme, du trafic d’influence, de la corruption, la concussion et des vices connexes.

De telles initiatives requièrent une certaine maturité politique, ce qui ne fait pas défaut au Niger qui a besoin juste de neutraliser, de facto, l’ivraie, la mauvaise mentalité populaire. Ne remettons jamais à demain ce qu’on peut faire à une main car le seul jour facile était hier. C’est vrai, comme vous l’avez dit, notre démocratie est jeune, donc raison de plus pour qu’elle aille de l’avant avec une force juvénile ; et Dieu merci, notre population est très jeune, à plus de 70%, c’est donc à nous, les jeunes, de propulser cette démocratie sur les bons rails vers l’avenir. Gardons aussi l’idée qu’avancer lentement n’empêche pas d’arriver à bon port. Actuellement, c’est la mauvaise foi de nos autorités républicaines qui demeurent notre principal obstacle. Ces gens ont une peur bleue d’être remplacés par des personnes plus compétentes et de bonne foi, voilà la raison principale de leur agitation sournoise. Il est grand temps de balayer cette pourriture, ces vendeurs de rêves qui ont trop amusé la galerie. 

 

10) Quel rôle pourra jouer la jeunesse dans ce sens ? quelle est sa place ? 

Réponse : Comme nous l’avions évoqué, la population nigérienne se caractérise par sa jeunesse, 15 ans en moyenne, résultante d’un taux de natalité très élevé, l’un des plus élevé au monde d’ailleurs, 7 enfants par femme en âge de procréer, ce qui est un atout et non une défaillance. Un exemple illustratif : nous sommes actuellement à 21 millions d’habitants et le Niger est le pays le plus pauvre du monde, c’est choquant de le rappeler ; et la Chine qui dépasse les 1 milliard 400 millions d’habitants est la première puissance économique du monde. Donc qu’on nous épargne du fait que notre population est nombreuse. De surcroit, 70% de la population nigérienne a moins de 25 ans. Vu que nous n’avons pas encore atteint le stade de l’autosuffisance alimentaire, tous ces bras valides représentent une manne, de la main d’œuvre bon marché et un manque crucial à gagner. Malheureusement, au lieu de travailler, les gens sont nourris par l’amour de la facilité et l’oisiveté. Les jeunes préfèrent jouer à cache-cache avec le soleil, prendre du thé à longueur de journée et passer la nuit à vagabonder. Nous devons combattre cette tendance nocive. Ce n’est pas un combat pour les jeunes seulement, c’est un combat à nous tous qui s’inscrit sur la même ligne que la lutte contre le déracinement de nos valeurs culturelles et des bonnes mœurs. Cette génération consciente doit trouver la plénitude de son sens.

 

11) Quels ont été les obstacles rencontrés, tant dans ton parcours d’écrivain ? 

Réponse : Rien n’est facile dans la vie mondaine. J’ai versé sueur et sang avant de devenir ce que je suis, Dieu merci. Il n’y a pas de gâteau dans la réalisation du travail bien fait. Il y a un préalable avant de se faire connaître : il faut connaître et comprendre le circuit du monde littéraire. A l’heure actuelle, le système en vogue est celui de l’autoédition et l’édition à compte d’auteur. Les éditeurs classique (Exemple Hachette, Albin Michel, Plon, Acte Sud, Flammarion…etc.) sont les seuls qui publient encore à compte d’éditeur. Ces maisons publient un nombre restreint d’auteurs, et encore plus rarement des auteurs nouveaux. Il faut aussi garder à l’idée que même dans ce système classique l’auteur est toujours exploité même s’il se retrouve souvent. A présent, on rencontre des maisons d’édition qui publient théoriquement gratuitement, donc à compte d’éditeur, mais qui, dans la pratique, égarent les auteurs autour d’un imbroglio, elles sont purement et simplement dans la poche de l’auteur en lui proposant des services surfacturés auxquels il est obligé de souscrire pour améliorer la visibilité de son ouvrage et l’impression se faisant uniquement à la commande.

En ce qui me concerne, j’ai expérimenté pratiquement tous les modes d’édition. Ici au Niger, l’édition est carrément de l’impression surfacturée. C’est un autre combat que nous menons sur le front littéraire pour l’indépendance des auteurs en Afrique en général et au Niger en particulier.

 

12) Quel regard portez-vous sur la littérature nigérienne ? 

Réponse : Louange à Dieu, depuis des lustres, la littérature nigérienne a été portée à son apogée. Nous continuons le combat entamé par nos vaillants prédécesseurs. Je cite au passage des illustres auteurs comme Boubou Hama, Abdoulaye Mamani, Halilou Sabo, Amadou Idé, Idé Oumarou, Amadou Ousmane, Saley Boubé Bali, Albert Issa, Oum Ramatou, Fatimata Mounkaila, Shaïda Zarumeye, André Salifou …etc ; la liste est longue. En ce qui nous concerne les jeunes auteurs contemporains, la liste est encore plus longue, riche en talents variés, à la croisière de tous les genres littéraires. Ensemble, dans le sillage des anciens, portons les voiles de la littérature nigérienne encore plus loin vers l’avenir.

 

13) Avez-vous un mentor ou un modèle ? 

Réponse :

Mon menthor est mon premier professeur de littérature au Lycée, monsieur Hamidou Yayé auquel je rends un vibrant hommage ici au même titre que tous mes autres professeurs de français. L’élève ne dépasse jamais son maître. Par ailleurs, j’admire beaucoup des plumes comme celles de Mamani Abdoulaye, Sembène Ousmane, Rousseau, Zola, Hugo, Dickens, Shakespeare, Molière, Corneille, Hampâté Ba… La différence entre classiques et contemporains se voit à peine dans le peaufinement d’une littérature de suprême échelon.

 

14) Qu’est-ce que nous pouvons vous souhaitez pour la suite ?

Réponse : Bon vent ! Naturellement.

 

15) Avez-vous un message à passer à la jeunesse nigérienne surtout à cette veille des grandes élections?

Réponse : Les jeunes, nous sommes le présent et l’avenir du continent Africain en général et du Niger en particulier. A présent que nous sommes au tournant décisif de l’avenir de notre pays, plus rien ne peut se faire sans nous. Le Niger répondant au nom d’une jeunesse dynamique, le péril de cette jeunesse s’assimile au péril du pays entier. Et justement, il y a certains politiciens de circonstance qui se sont engagés corps et âme, remuant ciel et terre pour voir le péril de cette jeunesse, ensanglanter ce pays, pour aboutir à des fins mesquines de richesse et de pouvoir sur un champ de ruine épouvantable.

 Dieu merci, chaque jour que Dieu fait, les jeunes, nous sommes et devenons de plus en plus avisés et dynamiques. Je profite pour lancer un vibrant appel à cette jeunesse, qu’elle s’arme de courage pour poursuivre ce combat contre la perversion et le cynisme des méchants. Si certains devront se résigner, leurs enfants poursuivront le combat. Gardons toujours à l’esprit que contre vent et marée, quelque soit la durée et la profondeur de l’abysse des ténèbres nocturnes, le jour radieux finit toujours par se pointer à l’horizon. C’est plus que de l’espérance, c’est une intime conviction.

 

Merci M. Mamane Nassirou Mato, pour le temps que vous nous avez consacré pour répondre à nos questions malgré votre emploi de temps si chargé. Nous pouvons que vous souhaitiez une bonne continuation.

Les commentaires :

  1. Merci infiniment Nassirou,tu fais la fierté de l’Afrique et du Niger en particulier.
    Toi au moins tu montre l’amour du coran contrairement à d’autres écrivains musulmans qui ne mentionnent pas le meilleur livre de tous les temps qui est le coran.les musulmans sont fiers de toi.
    En plus,on t’a même pas posé la question sur ton lieu de naissance car tu n’es pas de niamey.mais comme c’est dans un autre lieu qui est différent de Niamey,les journalistes de taisent ils veulent pas en parler.des journalistes égoïstes,bandes de canailles !!!
    Je te souhaite une bonne continuation de ton écriture Nassirou, protection divine.

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